Ces éditeurs qui sont loin du combat féministe…

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Les éditeurs de jeux font parfois preuve de sexisme, en développant des machines à sous pas toujours respectueuses de la condition féminine.

Depuis quelques mois, certains éditeurs ne font pas dans la dentelle, en lançant des machines à sous au thème plutôt sexiste. Deux d’entre eux ont d’ailleurs cette année créé la polémique lors de l’Ice Totally Gaming, en ayant recours à des pratiques discutables pour attirer la clientèle (masculine, évidemment) auprès de leurs stands. À un point tel que la Commission britannique des jeux a lancé un ultimatum. Elle boycotterait dorénavant les événements de la société à l’initiative de ce salon, tant que ce machisme ambiant régnera.

Le ton est donc donné. Il faut dire que depuis quelques mois, les développeurs de jeux se lâchent sur la condition féminine. En proposant parfois des slots virtuelles pas toujours de bon goût (surtout pour les femmes). Alors qu’en penser ? Véritable prise de conscience ou simple crise de puritanisme ? Les faits sont-ils réellement dérangeants ou les détracteurs peu enclins au second degré ? À vous de juger…

Microgaming et Endorphina, une prestation controversée aux ICE

En février, ces deux éditeurs se sont faits égratigner par des journalistes du Guardian, choqués par leur mise en scène au salon Ice Totally Gaming. Il faut dire que ces deux-là n’y ont pas été de main morte pour que les visiteurs leur accordent de l’attention… Quitte à faire fi de la condition féminine. La palme revenant à Endorphina. Qui, pour la promotion de sa nouvelle machine à sous, avait installé une barre de pole dance. Sur laquelle se trémoussait notamment un duo de gogo-danseuses évidemment très peu vêtues. Une prestation remarquée… surtout pour ses réflexions et gestes déplacés. Quant à Microgaming, un brin plus respectueux, le développeur s’est « contenté » d’offrir pour le lancement de sa nouveauté un show sexy, orchestré par une artiste-gymnaste se tortillant dans un cœur géant. Est-ce utile de préciser en tenue ultra-moulante ?

Les machines à sous Taboo et Playboy Gold méritent-elles cette polémique ?

Ces spectacles incriminés étaient destinés à promouvoir le lancement de Taboo (pour Endorphina) et Playboy Gold (pour Microgaming). Pour le premier titre, c’est le sadomasochisme qui est en vedette. Avec une jolie panoplie d’objets : menottes en cuir et en métal, fouet à lanières, cravache, battoir clouté… Les talons aiguilles sur des bas couture ainsi que la femme tenue en laisse comme une chienne suggérant que la soumission ne peut être que féminine… Dommage qu’à l’ère de la parité, Endorphina n’ait pas souhaité jouer la carte de l’humour en ajoutant un symbole d’homme soumis. Un pas que Mr Slotty a franchi, en intégrant un fan de bondage dans Emoji Slot.

Pour le second titre, plus subtil, ce sont deux charmantes hôtesses (les fameuses « bunny girls ») qui accompagnent le joueur dans sa séance de spins. Tenue sexy de rigueur, avec l’incontournable panoplie de lapin playboy : body bustier ultra-moulant avec une petite queue pompon blanche, longues oreilles pendantes, petit nœud papillon… Une vision de la femme jugée sexiste (voire dégradante) par beaucoup (même si, ne nous leurrons pas, les messieurs semblent moins enclins à condamner). Bref, ces deux slots méritent-elles un procès pour sexisme aggravé ? Ou sont-elles à prendre avec humour et désinvolture ?

Et les autres éditeurs de jeux ?

En partant du principe que toute image de la femme présentée de manière « avilissante » (ici, en petite tenue) peut être considérée comme sexiste, on peut affirmer que tous les éditeurs de jeux ont, à un moment ou à un autre, cédé à la tentation d’allécher les joueurs avec des égéries aux courbes savamment mises en valeur. À noter qu’Endorphina semble un habitué du genre, puisque Twerk avait déjà soulevé la polémique avec ses postérieurs rebondis. Tout comme Microgaming, qui revient régulièrement sur le sujet (Bikini Party en étant un parfait exemple).

Après avoir fait un tri sélectif selon les degrés de machisme (souvent proportionnel aux centimètres de tissu recouvrant les corps affriolants des donzelles), voici quelques titres (parfois anciens) qui arrivent largement à la hauteur de Taboo et de Playboy Gold.

Pimped (Play n Go) et ses call-girls de luxe, supervisées par un proxénète tape-à-l’œil
Red Chamber (SA Gaming) et ses galantes « dames de compagnie » chinoises affichant leur frêle silhouette sous un négligé transparent
Booming Gold (Booming Games) et sa fille en bikini, qui ne semble intéressée que par l’or sous toutes ses formes
French Maid (iSoftBet) et ses soubrettes
An Evening with Holly Madison (NextGen) avec son ex-playmate vénale
Peek Physique (Genii) avec son grand déballage de jeunes et belles sportives futiles

Un combat perdu d’avance ?

Ces titres-là ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Il faut dire qu’un étalage de belles filles fait fantasmer… et donc vendre. C’est un fait commercial, malheureusement. Dont certains éditeurs usent et abusent. Pourtant, à trop vouloir moraliser, ne risque-t-on pas d’avoir l’effet escompté ? Car trop de féminisme tue le féminisme. Alors, faut-il systématiquement monter au créneau dès que ce genre de sujet sensible (voire politiquement incorrect) pointe le bout de son nez ? Un peu de désinvolture (voire un trait d’humour… au second degré, bien sûr) ne signifie pas forcément qu’on se moque de tout. D’ailleurs, plutôt que des mots, mieux vaut des actes… Or, combien de joueurs (et non joueuses) seraient prêts à boycotter des slots jugées trop sexistes ? La perche est lancée (sans vouloir faire de mauvais jeux de mots)…

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